Les PTT : victime de la privatisation du service public ?

Ce que l’on nomme PTT (Postes, Télégraphes, Téléphone) désignent les acteurs principaux de la communication postale, La Poste en tête. Depuis de nombreuses années déjà, certains organismes de services publics ont vu leurs infrastructure se privatiser, laissant l’État en dehors de leurs circuits. Pourtant, bien que toujours affiliée au gouvernement Français, La Poste se tourne de plus en plus vers un statut privatisé. C’est un débat houleux et pourtant, il ne date pas d’hier.

1991 : la réforme des PTT se met en place !

Les PTT : victime de la privatisation du service public ?

En ce temps-là, La Poste est toujours affiliée à une autre structure historique : France Telecom. C’est donc dans un pur but financier que le ministre Paul Quiles demande la mise en place d’une réforme visant à séparer les deux entités. Même si les deux structures restent de services publics à ce moment précis : se dessine au loin les courbes d’une future privatisation.

Ce n’est que plus tard que La Poste, ou tout du moins l’homme à sa tête, demandera d’elle-même une privatisation de ses services. Le principal problème étant que l’offre de service de l’organisme se bat contre d’autres sur un marché entièrement privé (notamment celui des banques). L’État risque alors de ne pas donner les moyens conséquents afin de faire face à ce marché : mais est-ce là l’objectif d’un service public ?

Pourtant, dès 2008, des discussions sont entamées, et le statut de l’organisme change en 2010 pour devenir une Société Anonyme à Capitaux Publics. La plupart des actions établies jusqu’alors tournent de plus en plus vers une privatisation pleine et entière : ce n’est pourtant toujours pas le cas.

L’État reste donc un actionnaire majoritaire de l’enseigne, même si le fait que les capitaux soient ouverts ont permis à d’autres de venir intégrer le mouvement. C’est une sorte de double jeu qui jongle avec ce flou, même si tout le monde s’accorde à penser que La Poste reste un domaine du service public.

 

Privatisation de La Poste : un sujet sensible !

Les PTT : victime de la privatisation du service public ?

Le fait est que tout le monde au sein de la structure publique ne voit pas forcément la même finalité. D’un côté, certains prônent le désir de devenir privatiser, notamment pour que certains grands pontes puissent réévaluer leurs salaires, et de l’autre, c’est une volonté de rester un service public. Il va de soi que tant que ces tensions ne seront pas réglées, aucune privatisation n’aura lieu. C’est donc un sujet sensible qui peut prendre diverses formes et proposer autant d’avantages que d’inconvénients.

Comme cité plus haut, certains services, comme la Banque Postale, luttent essentiellement contre un marché de droits privé. Difficilement de se battre efficacement en subsistant grâce aux subventions du gouvernement. De plus, les réformes de la Loi Macron, instaurées récemment, donnent encore un coup d’avance à ces acteurs tiers : un service public n’est pas de taille et, de toute façon, n’a pas vocation à l’être.

Et si la banque est un exemple, il n’est pas le seul. En effet, les colis représentant une très importante source de revenus, notamment grâce aux sites marchands (privés, donc) qui expédient leurs commandes via cette méthode. Une fois encore, d’autres entreprises diverses spécialisées dans la livraison proposent, sur le plan local et international, une compétitivité très délicate à suivre. Il est vrai qu’aujourd’hui, un colis peut se retrouver dans votre boîte aux lettres à peine 24 heures après sa commande.

Privatiser La Poste serait alors un moyen de se réaffirmer face à ces différents marchés et de pouvoir pleinement atteindre les sommets visés en termes de bénéfices et d’efficacité. Le duel qui se joue alors est le suivant : les PTT doivent-ils rester public ou tomber dans le privé ? Derrière cette question pour le moins anodine se cache en réalité une bataille de valeurs.

Si, pour le moment, rien n’est encore décidé, c’est avant tout car les Français sont attachés à cet organisme historique, bien ancré au cœur du passé Français. Cependant, il n’est pas impossible que le même scénario s’étant déroulé avec les filières EDF/GDF ne se répètent. Seul l’avenir nous le dira.

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